Résumé : |
Les malades psychiatriques, à l’instar de leurs soignants, croient peu en leurs capacités de changement face à leur tabagisme. Cela est dû en partie à la dépendance souvent sévère de ces sujets, mais aussi à une composante culturelle et cognitive partagée : la maladie psychiatrique empêche tout espoir d’arrêter de fumer. L’approche groupale mixte, utilisant,
d’une part, les principes des thérapies cognitivo-comportementales, notamment la mise en lumière de distorsions cognitives qui bloquent la démarche de changement et, d’autre part,
ceux de l’approche motivationnelle, montre que ces personnes ont les mêmes dispositions d’introspection et de fonctionnement en groupe que les non-malades. Il semble que l’impact
de l’approche soit double, fait d’une forte mobilisation vers le soin au décours des séances groupales (90 %), et d’une réussite en termes de changement pour ceux qui ont fait la démarche individuelle. Ce résultat repose aussi sur l’implication institutionnelle ayant encouragé et soutenu les patients, et la continuité des thérapeutes, les sujets ayant retrouvé dans le soin les professionnels, animateurs des séances en groupe. |